Maurice BLOND

1899-1974

Maurice Blond, quoique russe, est né en Pologne. Son père, employé de commerce, autodidacte, concevait la culture comme le principal bienfait qu'il fût en son pouvoir d'assurer à ses enfants. Le jeune homme, comme ses frères et soeurs était ainsi destiné à entrer dans l'enseignement. Il quitte cependant la faculté des sciences et en donnant des leçons de mathématiques, dispose de ressources lui permettant de se consacrer au dessin.

Il avait douze ans, quand, ayant participé à un concours scolaire, une aquarelle de lui entra au musée de Kiev. A quinze ans, il fait partie d'un groupe de jeunes peintres, visant moins à devenir des professionnels qu'à utiliser agréablement leurs loisirs. C'est l'évidence de ses dons qui fait que l'on consentira sept ans plus tard à le laisser aller se perfectionner à l'école des Beaux-Arts de Varsovie. Il part pour Berlin, Dresde, Leipzig. La découverte de Renoir, Manet, Cézanne lui ont révélé que la vie de l'art, dans le monde moderne, tire de la France son énergie et sa lumière.C'est pourqoi, sans argent, sans relations sans autre plan que de vouloir librement peindre, il arrive à Paris en 1924.

Mintchine et Térechkovitch, avec lesquels il s'était lié à Berlin, l'ont précédé à Montparnasse. Ils mettent en commun la misère et la peine, l'espérance aussi. Blond et Térechkovitch, pendant deux ans, dans la cité Falguière que hante encore l'ombre de Modigliani, partageront la même chambre qui leur sert en outre d'atelier.

Michel Larionov, leur aîné, bras droit de Diaghilev contribue de son mieux à leur donner confiance en eux-mêmes. La constante amitié de Pougny, de Kremegne et de Maurice Blond date de ces jours-là. Il n'a fait qu'apercevoir Soutine quelques fois, et n'a pas davantage compagnonné avec Chagall. Rien moins que débrouillard, réservé, sensible à l'extrême, il ne fut apprécié longtemps que dans un cercle restreint de camarades.

Toutes sortes d'expédients montparnassiens, comme il dit, lui ont été nécessaires pour subsister à cette époque, tant bien que mal et plutôt mal que bien.

En 1930, il est l'animateur et le conseiller artistique de la revue en langue russe "Tchisla" à laquelle participent les plus grands artistes russes émigrés.

A partir de cette date il expose régulièrement en France, en Angleterre, en Suisse et aux Etats-Unis.

Sauf pendant l'occupation, Blond est toujours resté fidèle à son cher 14ème arrondissement, où il vivait et travaillait près de l'église d'Alésia.

C'est Jacques Spreiregen qui devient son marchand dans l'après-guerre et qui défendra son oeuvre pendant toute cette période.

Il meurt le 22 octobre 1974 à Clamart, près de Paris.

 

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